Zone de Texte: Bulletin 93/4/6

La Péniche des Œuvres Hospitalières Françaises de l’Ordre de Malte

Embarquement immédiat

 

Nous vous invitons aujourd’hui à un voyage immobile sur la Seine. Après avoir franchi la passerelle, nous voici  à bord d’une très confortable péniche, de coque rouge et blanche aux couleurs de l’Ordre: le Fleuron Saint-Michel qui appartient aux Œuvres Hospitalières Françaises de l’Ordre de Malte. Amarrée depuis mars 2008 au 30 quai Aulagnier 92600 Asnières, près du pont de Gennevilliers, cette  péniche est arrivée de Belgique, tous les travaux d’aménagement étant achevés. Du 1er septembre 2008 au 31 décembre 2009, elle a permis à cent douze « passagers » de trouver un havre de paix.

 

Effectivement, cette  péniche qui ne navigue pas vit cependant des aventures extraordinaires. Son but : la REINSERTION. Pour ce faire, tout est prévu pour l’accueil  dans d’excellentes conditions d’une trentaine d’hommes,  très proches de l’emploi, ou commençant à retravailler dans l’attente de pouvoir se lancer à leur tour à la recherche d’un logement quand ils seront en possession de trois fiches de paie minimum. Pendant leur séjour, limité à quelques mois , une participation de 30% de leurs revenus leur est demandée afin qu’ils apprennent à gérer leur budget.

 

Dès l’entrée, un agent d’accueil vous offre sourire, café ou thé à votre convenance et ceci  24 h sur 24, et tous les jours de l’année.  Un grand salon meublé de tables rondes permet  rencontres et échanges. Une des  responsables,  Mme  LAUTHIER présente à plein temps, assure la coordination, l’administration et l’accompagnement des passagers dans leur recherche de travail et de logement. Deux autres responsables, Madame DEGRAIN, intendante, et Madame FASOLI, chargée de mission à temps partiel, assurent l’organisation quotidienne.

 

En continuant la visite, nous découvrons un coin cuisine, équipé d’un four à micro-ondes utilisable  à toute heure étant donné les horaires de travail des « passagers » – c’est ainsi qu’on les appelle.-. En tant que tels, ils sont logés  dans une cabine, avec une douche pour deux cabines. La vue sur la Seine est très agréable et le silence total. Important : deux cabines sont réservées aux maîtres de chiens.

 

N’oublions pas que le but de la présence sur cette péniche est la réinsertion, d’où la nécessité d’un local  avec équipement bureautique  pour permettre les échanges avec d’éventuels employeurs, la plupart du temps des entreprises d’insertion . L’aspect relationnel est une composante importante pour l’équipage qui cherche à donner les moyens aux passagers de s’établir sur « la terre ferme »  aussi rapidement que possible. Les passagers sont dirigés sur la péniche, soit par le SAMU social 92 (dix places) soit par les différents partenaires sociaux et toutes les institutions qui ont permis la réalisation de ce lieu.

 

 Chaque soir un repas est servi, et s’y retrouvent de nombreux bénévoles Ils sont près de  trente cinq actuellement. Leur rôle principal est certes de servir à table, mais ils sont là aussi pour écouter, discuter, voire envisager un parrainage pour soutenir les passagers.

 

La vie à bord n’est pas triste ! Il y a la télévision. Des petites fêtes , concours de belote, ... sont organisés .  Les  enfants  peuvent rejoindre leur père durant la journée et éventuellement le week-end. Cela a permis la petite réflexion  d’une fillette qui a rempli de joie la responsable : «  je suis sur la péniche de mon papa. ». N’hésitez pas, amis lecteurs, à proposer des divertissements, vous serez bien accueillis. Pourquoi ne pas envisager de donner quelques instants de votre temps, à l’heure du dîner par exemple, pour un petit coup de main aux bénévoles. Il s’agit en l’occurrence d’une activité  positive et ne soyez pas inquiets, le mal de mer n’existe pas à bord !

Téléphone de la péniche: 01.47.91.19.20                                              Propos recueillis par Monique Roger